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Nous sommes le premier bar
à avoir l’agrément gouvernemental de Jeune Entreprise Innovante.

Ça signifie que nous faisons de la R&D et disposons
d’un TRÈS SÉRIEUX laboratoire de recherches.



Notre laboratoire de convivialité

Depuis sa création en 2015, le Social Bar est devenu bien plus qu’un bar (déjà y en a 6 maintenant) et expérimente et se déploie en matière d’innovation sociale et conviviale. En 2020, il a obtenu le statut de Jeune Entreprise Innovante. Cette étape s’accompagne de la création d’un pôle de R&D. La même année ouvre l’Ecole de la convivialité qui forme des jeunes par la VAE inversée à un métier qu’elle invente avec eux : agents de convivialité. En plus de ses bars et de son offre à destination des entreprises, le Social Bar s’équipe ainsi d’instruments réflexifs pour accompagner ses actions en faveur des liens sociaux.

Contactez notre laboratoire : paulinev[@]social-bar.org

Nos projets de R&D s’axent sur :

• le rôle de la convivialité et des liens faibles dans la socialisation et la construction de notre société

• la professionnalisation des Agents de convivialité et ses enjeux

• le prototypage et la mesure d’impact des nos activateurs de convivialité

Quelques éléments théoriques fondamentaux

Les liens faibles structurent au moins autant notre société que les liens forts (Gefen, Laugier : 2020) ; la crise du Covid-19 a mis en lumière cet aspect qui reste toutefois peu analysé par les SHS. Ces liens faibles sont au cœur de notre approche qui tend à rendre visible leur implication dans la structuration sociale.

La convivialité est un terme beaucoup utilisé dans le langage courant, d’autant plus dans le contexte maintenant bien ancré de la « distanciation sociale ». Pourtant il reste insuffisamment théorisé et contextualisé.

C’est autour du partage de la table et de la commensalité que se développe la notion de convivialité, notamment au XIXe siècle. Pierre Larousse dans son Grand dictionnaire universel du XIXe siècle (1869) définit la convivialité comme le « goût des réunions joyeuses et des festins ». On le retrouve dans Physiologie du goût (1825) de Jean Anthelme Brillat-Savarin pour désigner « le plaisir de vivre ensemble, de chercher des équilibres nécessaires à établir une bonne communication, un échange sincèrement amical autour d’une table. La convivialité correspond au processus par lequel on développe et assume son rôle de convive, ceci s’associant toujours au partage alimentaire, se superposant à la commensalité. » (Jean-Pierre Corbeau). Ces définitions amènent à considérer la convivialité comme un processus de socialisation entraînant la construction d’un ethos ou d’un habitus. Il convient donc d’aborder la convivialité dans sa dimension socialisatrice, qui, si elle a été soulignée par la littérature scientifique, n’a été que peu traitée. La convivialité est « un état d’esprit, une façon d’être avec autrui qui efface les différences socioéconomiques et rassemble aimablement des individus en une communauté quasi égalitaire. Elle n’homogénéise pas, mais pacifie et socialise. » (Paquot, 2020 : 40) ; : « La convivialité [s’] exprime non seulement comme une valeur émergente, appelée à raviver et à consolider les relations, mais aussi comme un idéal de bien-être individuel et collectif. » (Bonescu et Boutaud, 2012 : 453).

Peut-on forger des idéaux-types de cet « idéal de bien-être individuel et collectif » ? Ses représentations varient-elles ? Si oui, selon quels critères (sociaux, économiques, démographiques, etc.), quelles typologies ?

La sociologie s’est saisie de la notion de convivialité avec Ivan Illich (1963) pour penser la modernité, ou plus exactement ce qui caractérise une société traditionnelle vs. une société moderne — la convivialité se définit alors par le rapport entretenu par l’homme avec l’outil. L’homme fait l’outil. Il se fait par l’outil. L’outil convivial supprime certaines échelles de pouvoir, de contraintes et de programmations. Selon Illich, la modernité et la société libérale entraînent une suprématie de l’outil, dommageable pour le bien-être humain et l’équilibre social. L’outil convivial se caractérise ainsi :

• il doit être générateur d’efficience sans dégrader l’autonomie personnelle ;

• il ne doit susciter ni esclave ni maître ;

• il doit élargir le rayon d’action personnelle.

Quels sont les outils conviviaux actuels ?
Par et pour qui se déploient-ils ?

Par exemple, la théorie des Nudge, issue de l’économie comportementale et théorisée par le prix Nobel d’économie Thaler et le juriste Sunstein, participe-t-elle à la transformation d’outils conviviaux ?

L’ensemble de ces questions en entraîne beaucoup d’autres et sont le terrain d’étude privilégié de notre Laboratoire de Recherche & Développement.

Pour aller plus loin

• Berhuet Solen, Brice Mansencal Lucie, Étienne Lucie,
Guisse Nelly, Hoibian Sandra, 10 ans d’observation de
l’isolement relationnel : un phénomène en forte
progression. Les solitudes en France – édition 2020,
CREDOC-Fondation de France
, 2020, 185p.

• Bigot Régis, “Quelques aspects de la sociabilité des
Français”, Cahiers du Crédoc, n°169, décembre 2001.

• Bonescu Mihaela, Boutaud Jean-Jacques, “L’ethos de la
convivialité. De la table à la tablette”, Interfaces
numériques
, Editions design numérique, 2012, 1 (3),
pp.453-470.

• Gefen Alexandre, Laugier Sandra, Le pouvoir des liens
faibles
, Paris, CNRS, coll. « Philosophie et histoire des idées
», 2020, 384 p.

• Granovetter Mark, « The strength of weak ties », American
Journal of Sociology, vol. 78, trad. sous le titre « La force des
liens faibles », in Granovetter M. S., Le Marché autrement,
Paris, Desclée de Brouwer, 2000 [1973], p. 45-74 et p.
1360-1380.

• Illich Ivan, La convivialité, Paris, Seuil, Essais, 2014 [1963],
160p.

• Paquot Thierry, Ivan Illich et la société conviviale,
Passagers clandestins, 2020, 218p.